La Collégiale avant la Révolution Française
La première fondation chrétienne de la cité de Clisson s’établit autour du monastère de la Trinité. Progressivement devant l’accroissement de la population, de nouveaux édifices sont fondés et amènent l’établissement de cinq paroisses : Notre Dame, St Jacques à l’ouest, St Gilles (à l’emplacement actuel du Temple de l’amitié dans le cimetière St Gilles), La Madeleine du Temple (appelée aujourd’hui Chapelle des Templiers), La Trinité (sur la rive droite de la Sèvre).
L’histoire de la Collégiale se confond avec celle du château de Clisson.
Dans son testament du 5 février 1407, Olivier V de Clisson, connétable de France et seigneur du lieu, demande à ce que les revenus de sa châtellenie de Montfaucon, soient consacrés à la dotation d’une collégiale dans l’église. Marguerite, sa fille, s’exécute en 1412. Un doyen, six chanoines, six chapelains, quatre serviteurs et quatre enfants de chœur composent ce chapitre de chanoines. Il est dissous le 23 novembre 1790.
Destruction et reconstructions
En septembre 1793, dans le contexte de l’insurrection vendéenne, un détachement de soldats de l’armée de Mayence commandé par le général Kléber incendie la ville et le château. En janvier et février 1794, les colonnes infernales menées par le général Turreau poursuivent la destruction. La Collégiale se trouve entièrement saccagée et détruite. Une plaque commémorative, datant de 1961, en marbre blanc rappelle le massacre, pendant la période révolutionnaire, de 8 prêtres de la paroisse (5 noyés, 1 brûlé vif, 1 mort en prison) ainsi que 107 laïcs clissonnais.
Pendant 10 ans, il ne restera que les pans de murs noircis.
Le culte est officiellement rétabli en 1802 en divers endroits (église St Jacques, les Halles), mais l’église aussi modeste que la précédente, et sans clocher, ne sera finalement reconstruite qu’en 1806 où elle devient alors église paroissiale, sous l’Empire.
Le XIXe siècle verra l’ajout d’un clocher conçu par Mathurin Crucy (architecte à Nantes de la place et du théâtre Graslin, de la place Royale, et à Clisson de la maison du jardinier dans la Garenne Lemot et du Temple de l’Amitié), puis de bas-côtés. Cependant, jugée en fort mauvais état, l’église est finalement démolie en 1886 et reconstruite sous la conduite de René Ménard qui adopte le modèle des basiliques romaines avec campanile (clocher).
L’édifice est enrichi de sculptures de façade (de Joseph Vallet) et de verrières néo-renaissance (vitraux) du peintre -verrier Champigneulles. Le style “italianisant”, cher à Frédéric Lemot et qui a conquis Clisson reste à l’œuvre, celui-ci faisant même le don d’une cloche de 550 kg.
La nouvelle église est consacrée le 2 septembre 1888 par Mgr Jules-François Le Coq, évêque de Nantes. Désormais devenue l’un des symboles italiens de Clisson, elle est inscrite à l’inventaire des monuments historiques le 1er septembre 2006.
